Radio

Le Luxembourg a joué un rôle de pionner dans le paysage radiophonique européen. Dans les années 1930, à un moment où le paysage radiophonique en Europe fut encore caractérisé par une situation de monopole de la radio publique, le gouvernement luxembourgeois reconnaît le potentiel de cette nouvelle technologie et octroie des autorisations à émettre à la radio privée.

A côté de l'initiative gouvernementale, la situation géostratégique exceptionnelle du Luxembourg joue évidemment en faveur du développement des médias audiovisuels à partir du Luxembourg. Le pays se situe ainsi à l'intersection des cultures française et allemande. Et surtout, il se trouve au beau milieu d'un rayon de 1000 km dans lequel vivent, dans les années 1930, 250 millions de personnes qui possèdent 10 millions de radiorécepteurs, ce qui représente 80% de l'ensemble des récepteurs en Europe. (Source: Gust Graas, 'Petite...et grande histoire de Radio-Télé-Luxembourg' dans Les Cahiers luxembourgeois, 1961).

Profitant de cette multitude d'atouts et du soutien du Gouvernement, des investisseurs privés lancent en 1931 la Compagnie luxembourgeoise de radiodiffusion (CLR), devenue aujourd'hui RTL Group, le premier groupe audiovisuel européen.

La CLR diffuse à partir de 1933 des émissions en ondes longues destinées à un public international. Dès 1936, elle est présente avec des studios dans la rue Bayard à Paris. En 1951, un deuxième émetteur en ondes moyennes est mis en service. Il cible les auditeurs de langue anglaise, néerlandaise et luxembourgeoise. Au début des années 80, trois émetteurs sont en service (celui de RTL longues ondes en français, celui d'ondes moyennes partagé entre Radio Luxemburg en allemand, Radio Luxembourg en anglais et Radio Luxemburg en néerlandais, et celui en modulation de fréquence de RTL Radio Lëtzebuerg en luxembourgeois), et par ailleurs d'un émetteur de télévision.

En 1991, par la loi sur les médias électroniques, les fréquences sont ouvertes à la concurrence.

Cette loi prévoit différentes catégories de programmes de radio dont certaines relèvent de la compétence de l'Autorité luxembourgeoise indépendante de l'audiovisuel (ALIA), à savoir les radios locales et les radios à réseau d’émission, tandis que d’autres relèvent de la compétence du Gouvernement, à savoir les programmes à émetteur de haute puissance, mais aussi les services de radio à rayonnement international, les services luxembourgeois par satellite et les services luxembourgeois par câble.

Deux ans après l'entrée en vigueur de la loi, en 1993, la radio publique 100,7 est née.

Depuis la libéralisation des ondes en 1991, le nombre de services sous permission luxembourgeoise a constamment augmenté. On compte aujourd'hui plusieurs services de radio à émetteur de haute puissance, services de radios à réseau d'émission et services de radios locales.


Ce paysage radiophonique se caractérise, tout comme celui de la presse écrite, par le multilinguisme. Or, la prédominance du luxembourgeois est ici beaucoup plus présente que dans les autres médias.

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